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Courbet
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Courbet

Par Manuel Jover
Courbet s’impose d’un coup, au Salon de 1850-1851, avec des oeuvres qui rompent brutalement avec la tradition. Elles montrent des ouvriers misérables condamnés à un travail de forçats (Les Casseurs de pierres), des gens ordinaires de la province profonde réunis pour un événement grave et banal (Un Enterrement à Ornans). À ces sujets, alors considérés comme indignes de la grande peinture, il confère le sérieux, la gravité et l’ampleur de la peinture d’histoire. Et il fait preuve d’une puissance picturale
qui renoue avec les grands maîtres réalistes du XVIIe siècle. C’est une révolution artistique, inséparable des révolutions sociales (1848 puis la Commune en 1871) et des courants subversifs, socialistes et libertaires, qui traversent le siècle. Le réalisme de Courbet est à la fois l’expression d’un engagement moral, d’un idéal républicain (qu’il assumera jusqu’au bout : il s’engagera dans la Commune et en paiera le prix, prison et exil), et d’une sensibilité particulière à la réalité immédiate, physique, concrète. Cette sensibilité le pousse à peindre en priorité ce qu’il connaît : lui-même, les membres de sa famille, de son milieu, les habitants de sa ville natale, les paysages où il a grandi.
Courbet est le premier artiste à avoir revendiqué avec éclat et assumé avec succès son indépendance vis-à-vis de l’État et des instances officielles qui, alors, régissaient le système des Beaux-Arts. Il proclame que « L’État est incompétent en matière d’art », et construit sa carrière en artiste libre, établissant de solides réseaux commerciaux en France et dans les pays d’Europe du Nord. Au Salon, ses tableaux font scandale. Courbet attise ces polémiques qui contribuent à le rendre célèbre.
Le personnage est complexe : à la fois sincère, généreux, vaniteux, provocateur, habile en affaires. Et son oeuvre ne l’est pas moins, qui présente de multiples facettes : grands tableaux « manifestes », oeuvres satiriques, paysages dans la lignée des peintres de Barbizon, nus d’un érotisme provoquant, portraits, natures mortes, fleurs, scènes de chasse...
Au milieu du siècle, Courbet est celui qui opère la rupture décisive avec le système et les normes académiques, ouvrant ainsi la voie aux peintres de la génération impressionniste, qui le considéreront comme un père.
Format : 17 x 22 cm, 256 pages, broché avec rabats,
120 illustrations
Parution : septembre 2007 -
L’AUTEUR
MANUEL JOVER est journaliste-critique d'art. Il écrit régulièrement dans
les revues Art Press, Beaux-Arts Magazine et L'OEil,

Un livre d’art, qui se lit comme un récit, une aventure humaine
avant tout.
Une mise en perspective de l’oeuvre de Courbet, qui permet de mieux
comprendre l’homme et son travail.
Un texte très documenté qui reste accessible à tous.

Ref : 8000030

Prix : 19 €


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